Il y a des films qui vous retournent le cœur, d’autres qui vous retournent les yeux… Aichaku de Raito Nishizaka se situe pile entre les deux : un joli fond, une belle promesse, mais une exécution qui laisse un petit goût de « presque ». Un peu comme un bento sans sauce soja.
Un regard touchant sur l’expatriation
S’il y a bien une chose que Aichaku réussit à capturer avec finesse, c’est ce que ça fait de vivre à l’étranger, vraiment. Lucas, Américain exilé au fin fond du Japon rural, n’a rien du cliché du prof d’anglais insouciant. Il est là depuis cinq ans, parle la langue, connaît les usages… et pourtant, il reste l’étranger. Pas rejeté, non, mais observé, comme une curiosité posée au milieu du quotidien.
Le film évite habilement l’écueil du racisme ordinaire pour parler d’autre chose : de solitude. De ce sentiment d’être vu, mais jamais vraiment regardé. Et cette dimension-là, franchement, m’a touchée. Le regard des autres qui n’a rien de malveillant mais qui pèse malgré tout, l’impression d’être un animal de foire chaque fois qu’on sort… c’est finement montré, sans lourdeur ni pathos.

Les liens du sang… ou pas
Autre réussite du film : sa manière d’aborder les liens familiaux. Ken, jeune Japonais perdu entre les ruines d’un héritage paternel trop écrasant et une mère américaine fantôme, illustre bien cette idée qu’on peut être plus lié à quelqu’un qu’on vient tout juste de rencontrer qu’à sa propre famille. Le film insiste sur cette nuance : la famille qu’on choisit vaut parfois plus que celle qu’on subit.
Là encore, le propos est juste, délicat, et évite les grands violons. On sent l’intention de parler d’identité, de racines, de transmission, avec une belle pudeur.
Mais l’amour, dans tout ça…
Et c’est là que le bât blesse. Parce qu’on parle quand même d’une romance. Et la romance entre Ken et Lucas, ben… elle est mignonne. Voilà. Pas mauvaise. Mais pas mémorable non plus. Il manque ce petit quelque chose qui fait vibrer : la tension, les non-dits, les obstacles, les vraies embûches. Ici, tout est un peu trop lisse, trop prévisible. Et comme je suis un peu sadique (mais toujours bienveillante, hein), j’avoue que j’aurais aimé voir les personnages galérer un peu plus. Qu’on transpire avec eux. Qu’on doute. Là, c’est un peu le love story en ligne droite avec quelques jolis paysages en arrière-plan.

Conclusion : beau fond, mais manque d’aspérités
Aichaku aurait pu être un très beau film. Il a de très jolies choses à dire, notamment sur l’expatriation et les liens familiaux. Il est empreint d’une douceur sincère, d’un regard plein d’humanité. Mais côté romance, il reste trop sage, trop simple, trop tiède. On regarde, on apprécie… mais on oubliera sans doute un peu vite.
À voir si tu aimes…
- Les fast burn où l’amour s’enflamme plus vite qu’un barbecue
- Les films contemplatifs, où le silence parle plus fort que les dialogues.
- Les histoires d’expatriation qui ne font pas l’impasse sur la solitude, le malaise et le choc culturel.
- Les personnages paumés qui cherchent leur place dans le monde (et parfois dans le lit de l’autre).
- Les récits sur la famille choisie, les blessures qu’on hérite et celles qu’on décide de soigner soi-même.
Infos pratiques
Titre : Aichaku
Réalisateur : Raito Nishizaka
Année : 2024
Durée : 2h
Genre : Romance, Drame
Casting : Christopher Nishizawa, Christopher McCombs, Yayoi Fujiwara, Cynthia Cheston
Vu sur : Prime
En savoir plus sur L'éternelle romantique - Le blog dédié à la romance
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



Hello from Japan. My name is Christopher McCombs and I am the writer and producer of the movie Aichaku. Thank you so much for writing the thoughtful review! I just read it with the two directors Raito Nishizaka and Michael Williams. We greatly appreciate it and loved reading your thoughts. We are very flattered to be added to your collection of romance reviews. I will add it to our homepage and mention it on our official social media!
Once again, thanks for taking the time to write about us.
Hello Christopher, and greetings to the whole Aichaku team!
Thank you so much for your kind message — it truly means a lot to me. I’m honored that you took the time to read my review together with the directors. Aichaku touched me deeply with its sensitivity, sincerity, and unique beauty. I’m thrilled to have had the opportunity to write about it and to share it with my readers.
It makes me incredibly happy (and proud!) to know that my review will be shared on your homepage and social media. Thank you for your support and for creating such a moving film — we need more stories like this in the world.
Wishing you all the best for the future of Aichaku and your next projects. I’ll be following them closely!
Warm regards from France,
Marine – L’Éternelle Romantique
[…] producteur et fondateur de Tokyo Cowboys, il est aussi la tête d’affiche du film indépendant Aichaku, un drame LGBTQ+ tendre et percutant. On a parlé cinéma, représentation, muffins et coups de […]